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La démocratie européenne à l'épreuve des barons nationaux

La démocratie européenne à l'épreuve des barons nationauxNational

Jeudi soir, les cinq candidats à la présidence de la Commission européenne ont mis en garde les électeurs face à l'attitude des chefs d'État et de gouvernement qui pourraient être tentés d'ignorer leur choix pour désigner le successeur de Barroso. Et disent redouter "un incident majeur".

16 mai 2014|12:53

EN FRANCE, exceptée sur la confidentielle chaine parlementaire LCP, les grandes chaînes du service public, autrement dit France Télévisions pour ne pas la nommer, n'ont pas jugé opportun de retransmettre en direct le premier débat de l'histoire européenne, qui s'est tenu jeudi soir, entre les cinq candidats pour succéder au conservateur portugais José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne. Sans doute est-ce cela que l'on appelle l'exception française !

Partout en Europe cet évènement, pourtant fondateur pour la démocratie européenne, a été largement diffusé. Par exemple, sur pas moins de huit chaînes chez nos voisins espagnols. C'est en effet la première fois que les députés européens, qui seront élus dans deux semaines, auront leur mot à dire sur le nom du prochain président de la Commission. Jusqu'alors celui-ci était désigné dans le huis clos des chefs d'Etat et de gouvernement du Conseil européen. C'est l'une des avancées du traité de Lisbonne.

"Déni de démocratie"

En Europe, la plupart des grands partis politiques ont ainsi désigné les candidats que leurs futurs députés soutiendront. En France, l'UDI-MODEM Les Européens s'est ainsi engagé à soutenir l'ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt. Pour l'UMP, ce sera le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Ou encore l'Allemand Martin Schulz pour le PS et l'Allemande Ska Keller pour les écolos. La gauche radicale sera, quant à elle, représentée par le Grec Alexis Tsipras.

Jeudi soir, tous les cinq ont donc joué le jeu du débat démocratique. Et ont échangé, parfois avec passion, sur l'euro, les politiques d'austérité, la croissance, les valeurs, etc. Mais il est un point sur lequel tous sont tombés d'accord : les vingt-huit chefs d'Etat et de gouvernement du Conseil européen n'auront d'autre choix que de désigner l'un d'entre eux cinq pour succéder à l'automne à José Manuel Barroso. Cette mise en garde intervient alors que la chancelière allemande Angela Merkel ou le premier ministre britannique David Cameron laissent entendre qu'ils pourraient sortir de nouveaux noms de leurs chapeaux. Ce qui serait "impensable" pour Guy Verhofstadt. Tandis que pour Jean-Claude Junker, "si certain Etats membres ne respectent pas le résultat du vote, ce serait un déni de démocratie".  Et cela risquerait de provoquer "un incident majeur".

Aussi, pour éviter tout risque de ce genre à l'avenir, les candidats UDI-MODEM Les Européens vont plus loin. Et proposent que les électeurs européens dans leur ensemble élisent au suffrage universel un président de l'Europe. Lequel serait chargé d'incarner une Union enfin politique et diplomatique. 

 Rodolphe Geisler

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