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La révélation Verhofstadt

La révélation VerhofstadtNational

Inconnu du public français il y a peu, l'ancien premier ministre belge impose désormais son style lors de chacun de ses passages dans les médias. Parfois direct.

20 mai 2014|13:00

IL MANIE le moulinet de bras avec art. Les journalistes européens qui le connaissent lui prêtent également un sens de l'humour certain. Mais derrière ses lunettes en écailles, qu'il a grandes aussi, le public français a surtout découvert ces derniers jours un redoutable débatteur : un européen de conviction qui peut se montrer tout à la fois charmant et cinglant. Ses contradicteurs hexagonaux l'ont découvert à leurs dépens comme par exemple lundi soir sur le plateau de l'émission Mots croisés sur France2. Comme après ce pique à Louis Aliot à qui il a expliqué que  "la réalité du bilan du père Le Pen et de Marine Le Pen, c'est trois fois zéro (...)". Ou comme à José Bové qu'il a jugé "écolo de temps en temps".

Premier ministre belge pendant 10 ans, député européen depuis 2009, Guy Verhofstadt n'est en effet pas dans la cuisine politique franco-française. S'il critique les socialistes, c'est pour dénoncer leur propension à toujours faire plus de dette comme "des soulards qui ne peuvent pas s'arrêter". Pas pour donner "un deuxième carton rouge" au gouvernement, comme l'a encore répété cette semaine le patron de l'UMP, Jean-François Copé, en guise de programme. Cela peut surprendre en France : mais Guy Verhofstadt fait partie de ces politiques qui s'intéressent au fond plus qu'aux seules postures politiciennes !

Candidat pour succéder au conservateur portugais José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne, Guy Verhofstadt, qui est donc soutenu en France par les futurs députés centristes qui seront élus dimanche sur les listes UDI-MODEM Les Européens, est surtout un pragmatique. Par exemple, sur le traité commercial avec les USA (Tafta) en cours de négociation, il n'y met pas un veto de principe, voire idéologique, comme le font les écolos ou la gauche radicale. Mais il pose des conditions. "Moi président de la Commission, je n'accepterai un accord de libre échange qu'à certaines conditions", notamment pour respecter les normes sanitaires européennes, a-t-il répété ce matin sur Europe1. C'est peut-être ça le style Verhofstadt : une volonté affirmée d'aller de l'avant, sans a priori idéologique, vers plus d'intégration politique et économique. Pour l'intérêt commun de 500 millions d'européens.  

Rodolphe Geisler

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