La campagne sur le terrainFlux RSS

L'atout Verhofstadt

L'atout VerhofstadtNational

Bien que donné challenger par la presse pour présider la future Commission européenne, l'ancien premier ministre belge pourrait pourtant déjouer les pronostics.

15 mai 2014|13:15

EN 2009, dit-on, la campagne des élections européennes s'était jouée dans la dernière semaine. Gageons qu'il en soit encore de même. Après un quasi-mutisme des chaînes du service public sur la question, France Télévisions semble s'être réveillée. Et a enfin programmé pour cette dernière ligne droite avant le scrutin du 25 mai, une série d'émissions et/ou débats. A maintenant huit jours de la fin de la campagne officielle, ces quelques temps d'antennes seront-ils suffisants pour intéresser les possesseurs d'une carte d'électeur, dont les sondages nous disent que plus de 60% d'entre eux devraient s'abstenir ?

En réalité, beaucoup dépendra de la qualité des débats et de leur animation. Ou les invités populistes, mais pas seulement eux, certains à l'UMP aussi, parviennent  à "nationaliser" le débat en faisant croire que le seul vote du 25 mai se résume à sanctionner ou non la politique du gouvernement. Et, alors, l'abstention sera réellement forte. Ou les invités, notamment les fédéralistes, parviennent à se faire entendre et à développer leurs arguments sur l'importance du scrutin. Et, alors, peut-être les électeurs se saisiront eux-mêmes de leur destin en se déplaçant massivement vers les urnes.

Coalition politique

 Le principal message de cette élection est en effet que la démocratie européenne est à prendre. Les députés qui seront élus ce mois-ci verront en effet leurs pouvoirs accrus par rapport aux législatures précédentes. Ils auront notamment celui de valider ou invalider le nom du prochain président de la Commission européenne, qui succédera fin octobre au conservateur portugais José Manuel Barroso. Pour résumer, à travers les députés qu'ils choisiront fin mai, les Européens ont pour la première fois leur mot à dire sur le visage qui incarnera l'Europe pour les cinq prochaines années.

A ce titre, l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, le candidat de l'ADLE soutenu en France par les candidats UDI-MODEM Les Européens, pourrait tout à fait créer la surprise. Avec l'appui de quelques députés conservateurs qui sont sincèrement pro-européens et de socialistes socio-démocrates, voire avec les voix des écolos qui sont également fédéralistes, il sera sans doute le seul à pouvoir, au final, trouver une majorité de coalition. Elus à la proportionnelle, les parlementaires européens sont en effet habitués aux coalitions entre différentes familles politiques. Un peu comme en Allemagne. Autrement dit, le prochain président de la Commission ne sera pas forcément de droite ou de gauche, même si les élus du PPE ou du PSE restent les plus nombreux dans l'hémicycle, mais ce sera celui qui aura su faire émerger une majorité. Pour les centristes, c'est l'atout Verhofstadt.

 Rodolphe Geisler

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