La campagne sur le terrainFlux RSS

Une surprise peut en cacher une autre

Une surprise peut en cacher une autreNational

Ces six jours qui feront préférer un vote de conviction à un vote sanction.

19 mai 2014|13:04

IL Y A SURPRISE et surprise. Pour paraphraser Guy Verhofstadt, l'ancien Premier ministre du Royaume de Belgique et candidat des centristes et libéraux européens pour présider la future Commission européenne, la surprise du scrutin de dimanche prochain pourrait finalement ne pas être là où on l'attend. A force d'être annoncé dans tous les sondages, depuis maintenant plusieurs semaines, un score élevé des populistes ne sera plus vraiment une surprise. D'autant que, selon ces mêmes études d'opinion, les intentions de vote en leur faveur seraient déjà cristallisées dans l'opinion à près de 80%. Autrement dit, en tout cas en France, la vraie surprise pourrait être le score des candidats UDI-MODEM Les Européens. Un score à deux chiffres, s'entend. Comment pourrait-il en être autrement ?

L'UMP, après avoir timidement tenté de ringardiser Henri Guaino, l'ancienne plume de Nicolas Sarkozy voire tenté d'isoler Laurent Wauquiez pour leurs propos respectifs sur l'Europe, n'est finalement pas parvenue à masquer ses divisions et son manque de cohérence sur l'idée européenne. Et a, pour cela, mené une non campagne en se réfugiant derrière un appel à un vote sanction contre le gouvernement. Quant au Parti socialiste, caché à plat ventre derrière l'Allemand Martin Schulz qui brigue aussi la présidence pour la Commission, il aura été totalement aphone durant cette campagne. Quelle est sa vision pour l'Europe ? A six jours du scrutin, les Français attendent encore la réponse. Même la tribune du président François Hollande, opportunément publiée dans Le Monde la veille de sa rencontre avec la chancelière Angela Merkel sur les bords de la mer baltique, a fait pschitt.

Tout cela manque de souffle, d'ambition. L'enjeu du scrutin de dimanche est pourtant crucial pour l'avenir de l'Europe. Face au score élevé, semble-t-il acquis des populistes, ce ne sont ni les amis de Jean-François Copé, ni ceux de Jean-Christophe Cambadélis, qui permettront de maintenir la barre du bateau Europe au milieu de la tempête. Mais les amis de Jean-Louis Borloo et de François Bayrou, dont les candidats UDI-MODEM Les Européens sont les seuls à maintenir un cap européen. Pour que jamais, le programme Erasmus, par exemple, ne soit un jour étudié dans les manuels d'Histoire comme une bizarrerie de la fin du XXe siècle, voire du début du XXIe, il reste six jours pour convaincre. Et créer ainsi la surprise dimanche soir. Notamment en faisant préférer au vote sanction, le seul vote de conviction en faveur d'une Europe enfin plus forte.

 Rodolphe Geisler

 

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